
1. La grâce seule
Dans Romains 4:9-12, l’argument de Paul souligne clairement que notre salut et notre justification ne proviennent pas des œuvres ou du mérite humains, mais qu’ils sont accordés par la grâce de Dieu. C’est une vérité centrale que nous risquons facilement de négliger dans la vie d’Église et la pratique de la foi aujourd’hui. Pour illustrer cette idée, Paul prend l’exemple d’Abraham. En particulier, au verset 9 du chapitre 4 (“Nous disons, en effet, que la foi d’Abraham lui fut comptée comme justice”), il met en avant que ce n’est pas la circoncision qui rendit Abraham juste aux yeux de Dieu, mais sa foi qui accepta la promesse divine. Si l’on examine en profondeur la signification spirituelle qui y est contenue, on comprend que ni l’effort légaliste humain ni les cérémonies religieuses ne sauraient libérer du péché, et que seul le geste de grâce de Dieu peut rendre juste la vie du pécheur. Telle est la règle immuable de l’Évangile.
Comme David Jang le répète souvent dans ses prédications et ses écrits, l’être humain, de par sa nature, est trop faible pour se tenir devant Dieu en se fondant sur ses propres qualifications ou mérites. Dans Romains 3, Paul a déjà proclamé que tant les Juifs que les païens, bref, toute l’humanité, sont soumis à la domination du péché. “Il n’y a point de juste, pas même un seul” (Rm 3:10) et “tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu” (Rm 3:23). Ainsi, ni la Loi, ni l’élection du peuple d’Israël, ni la circoncision ne peuvent constituer une condition décisive pour le salut. À partir de ce postulat, Paul rappelle le moment où Abraham fut considéré comme juste, afin de démontrer que ce ne sont pas “la circoncision” ni “l’observance de la Loi” mais bien “la grâce de Dieu et la foi qui accueille cette grâce” qui jouent le rôle décisif.
Abraham reçut le commandement de la circoncision vers l’âge de 99 ans (Gn 17:24). Or, dans Genèse 12, c’est déjà à 75 ans qu’il fut appelé par Dieu et qu’il obéit à Sa parole (Gn 12:4). À ce moment-là, Abraham commença à obéir par la foi à la promesse de Dieu. Comme le rapporte Genèse 15, “Il crut en l’Éternel, qui le lui imputa à justice” (Gn 15:6). Autrement dit, le temps où Abraham a été jugé juste remonte à 24 ans avant la mise en pratique de la circoncision. Dès lors, l’acte qui lui valut d’être considéré comme juste ne repose aucunement sur une œuvre, une cérémonie religieuse ou un statut de peuple élu hérité de la lignée. En effet, c’est alors qu’il était appelé depuis un pays étranger, sans être circoncis, qu’il a manifesté “une foi absolue dans la promesse de Dieu”, et Dieu lui a unilatéralement fait cadeau de la justice.
Ce “don unilatéral” est précisément le cœur de la grâce. Le terme grec χάρις (charis), traduit par “grâce”, désigne la bienveillance divine accordée à celui qui n’en est pas digne. Si l’on médite attentivement sur la question du salut, on se heurte à la vérité qu’aucun être humain ne peut échapper à sa culpabilité devant un Dieu infiniment saint et juste. Le pécheur a besoin d’expiation, et tant que le prix du péché n’est pas payé, il est impossible de se tenir devant le Dieu saint. C’est pour cela que l’auteur de l’Épître aux Hébreux déclare : “sans la sanctification, personne ne verra le Seigneur” (He 12:14). Le problème, c’est que le pécheur ne saurait, par lui-même, résoudre son propre péché. Vouloir payer la dette du péché par des efforts humains est voué à l’échec, car l’homme est déjà asservi à sa nature pécheresse, et aucune œuvre ni aucun rite ne peuvent constituer une rédemption parfaite. Dans la Loi de l’Ancien Testament, le sacrifice d’animaux symbolisait certes temporairement un rite de purification, mais il ne représentait pas une expiation ultime et éternelle (He 10:4). Seule la voie que le Dieu saint a Lui-même préparée – l’expiation de la croix de Jésus-Christ – offre une libération totale du péché. C’est pourquoi on qualifie le sacrifice de la croix du Christ de “mérite de son sang”.
Dans ses prédications, David Jang souligne souvent à quel point la grâce et l’amour de Dieu sont grands et admirables. Selon lui, c’est la Loi qui nous a permis de reconnaître que nous sommes pécheurs, mais elle-même ne peut ni justifier réellement le pécheur ni le conduire au salut parfait. Devant les exigences du Dieu trois fois saint, la question “combien de justice dois-je accumuler pour m’approcher de Dieu ?” aboutit finalement à cette réponse : “c’est impossible par les seules œuvres humaines”. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous réalisons de manière poignante qu’il nous est impossible d’être sauvés sans la grâce de Dieu. Cela correspond pleinement au jugement perçant de l’apôtre Paul dans l’Épître aux Galates : “Nul ne sera justifié par les œuvres de la Loi” (Ga 2:16). Finalement, la conclusion qui émerge tant de l’Épître aux Romains que de l’Épître aux Galates est que notre justice repose non sur “notre propre mérite” mais sur le “mérite du Christ”, et que c’est par la grâce de Dieu que nous sommes invités à accueillir ce mérite.
Mais de quelle manière concrète cette grâce agit-elle ? Pour le comprendre, revenons au contexte de Romains 4, où Paul aborde la controverse autour de la “circoncision”. Les Juifs se glorifiaient ardemment d’être “le peuple élu”. L’emblème majeur de ce statut était la “circoncision”. Celle-ci, signe de l’alliance conclue avec Dieu et attribué à la descendance d’Abraham, témoignait que l’on appartenait au peuple de Dieu. Certains Juifs de l’Église de Jérusalem affirmaient qu’il fallait absolument administrer cette “marque” aux païens qui entraient dans la première Église et désiraient obtenir le salut. Partant de l’idée : “Dieu nous a choisis, nous, ce peuple, et Il ne nous a envoyé le Messie qu’à nous”, ils estimaient qu’il fallait d’abord devenir membre du peuple élu par l’alliance avec Abraham (la circoncision) avant de pouvoir accueillir Jésus-Christ. Mais Paul s’y oppose frontalement. Puisque le moment où Abraham a été déclaré juste remonte à une période où il n’était pas encore circoncis, Paul argumente qu’il est impossible de faire de la circoncision la condition préalable du salut, et proclame que le salut est ouvert à toutes les nations, transcendant les distinctions ethniques et culturelles.
La grâce de Dieu n’exige aucune supériorité ethnique ni aucune cérémonie particulière. La circoncision elle-même n’était pas la cause qui conférait la justice, mais un “sceau” ou “signe” pour confirmer la justice déjà reçue alors qu’Abraham était incirconcis. Autrement dit, il en va de même aujourd’hui pour le baptême. Le baptême, administré à un croyant qui est déjà au bénéfice du pardon de ses péchés et du salut par la foi en Christ, constitue une proclamation liturgique du salut déjà accompli en lui ; l’acte baptismal en tant que tel ne possède aucun pouvoir d’expiation. Ainsi Paul explique en Romains 4:11 : “Il reçut le signe de la circoncision comme un sceau de la justice qu’il avait obtenue par la foi alors qu’il était incirconcis.” Toutes nos actions de foi servent simplement à “attester” ou à “confesser” le salut que Dieu nous a déjà accordé par grâce, mais elles ne peuvent être des “outils” pour l’acquérir.
Pourquoi la grâce de Dieu est-elle si absolue ? Nous pouvons mieux en saisir l’essence grâce aux paraboles que Jésus a Lui-même enseignées. Prenons la parabole des “ouvriers de la vigne” (Mt 20). Qu’il s’agisse de ceux embauchés tôt le matin, de ceux arrivés à midi ou de ceux n’étant venus qu’à la fin de la journée, tous reçoivent le même denier. Le maître demande alors à celui qui se plaint : “Ton œil est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?” (Mt 20:15). Il met ici en lumière la “libéralité unilatérale” de Dieu, qui dépasse logique et calcul, et définit le cœur de la grâce. Les ouvriers embauchés au lever du jour, considérant naturel de recevoir plus, jugent injuste que d’autres touchent le même salaire, mais le “principe du Royaume de Dieu” dépasse ces catégories. Dans le Royaume de Dieu, nul ne saurait se prévaloir d’un “privilège”, d’un “effort” ou d’une “ascendance” qui lui garantirait un statut. Seule la compassion inconditionnelle et la grâce souveraine de Dieu dominent. Cela correspond au message de Romains 3, où Paul écrit : “Nous étions à l’origine tous pécheurs, mais nous avons été gratuitement justifiés” (cf. Rm 3:24).
Pourquoi, alors, cette grâce se trouve-t-elle souvent négligée au sein de l’Église ou dans la vie spirituelle de chacun ? En examinant les problèmes évoqués en Romains 4 et dans Galates, on constate que le “légalisme” est l’une des principales causes qui obscurcissent la grâce. Le légalisme prétend que l’on peut être justifié par ses bonnes actions ou, à tout le moins, préconise une double approche : “la grâce de Dieu + mes mérites légaux”. Pourtant, Paul condamne de telles tentatives comme un “autre Évangile” (Ga 1:6-7) et avertit que, loin de libérer l’homme du fardeau de ses péchés, elles le replongent sous un joug légaliste accablant. Si nous ne recevons pas la grâce, nous demeurons écrasés par notre culpabilité. Nous pouvons aussi dériver vers une présomption orgueilleuse, pensant à tort : “J’ai bien le droit d’être sauvé”, ou bien vers l’extrême opposé, le désespoir, écrasés par le poids de la Loi. D’un côté, on se grise de sa propre justice et on cède à l’orgueil ; de l’autre, on reste enfermé dans une culpabilité sans remède.
David Jang, pointant les ravages du légalisme, affirme avec force que la prise de conscience de la grâce de la croix est le point de départ et aussi la conclusion de la foi. Le sacrifice expiatoire de Jésus-Christ sur la croix est l’acte par lequel le Fils de Dieu s’est “fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui” (2 Co 5:21). L’acte par lequel nous, pécheurs, sommes renversés en justes ne repose que sur le plan et l’amour de Dieu. Sans cet amour, aucun effort ou aucun mérite humain ne peut garantir le salut. En fin de compte, la grâce ne consiste pas à ce qu’un pécheur “soi-disant compétent” obtienne le droit de s’approcher de Dieu, mais c’est le fait que Dieu, alors que nous ne possédons aucun mérite, déclare : “Je veux faire de toi un enfant” et nous invite à venir à Lui. L’attitude adéquate pour accueillir cette grâce est celle qui s’exprime dans la simple supplication : “Seigneur, aie pitié de moi”, autrement dit un cœur humble ; c’est ce cœur qui nous ouvre l’accès à l’expérience de la grâce.
Paul fait la même confession en disant : “Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis” (1 Co 15:10). Quand on se souvient qu’il avait jadis persécuté l’Église et contribué à la mise à mort d’Étienne (Ac 7:58 ; 8:1-3), on mesure toute la grâce merveilleuse de ce plan de Dieu qui l’appela à devenir apôtre. C’était bien un amour inconditionnel, inexplicable en termes de mérite humain. C’est pourquoi Paul insiste : “Pour que la grâce reste la grâce, il faut qu’elle soit uniquement le fruit de l’amour de Dieu.” Dans Romains 4, il reprend l’exemple d’Abraham : “Cette bénédiction ne concerne-t-elle que les circoncis, ou bien concerne-t-elle aussi les incirconcis ?” (Rm 4:9). Puis il répond catégoriquement : “C’est lorsqu’il était incirconcis, non lorsqu’il était circoncis” (Rm 4:10). Le salut est également ouvert aux Juifs et aux païens. La grâce de Dieu ne se limite donc pas à un seul peuple ou à un seul territoire : elle s’adresse à tous ceux qui ploient sous le fardeau du péché. Le plan de Dieu, qui déclare justes ceux qui croient en Lui, s’accomplit pleinement “par la grâce”.
La portée concrète de cette grâce dans notre vie est immense. Quel que soit notre passé, Dieu a eu compassion de nous, pécheurs, et a résolu notre problème de péché à la croix. Plus besoin de traîner une culpabilité. Désormais, devant Dieu, nous sommes “déclarés justes”, fondés sur “le sang de Jésus-Christ” et “l’amour de Dieu”. Le jour où nous prenons conscience de cette vérité, certains versent des larmes de repentance, d’autres expérimentent la liberté, d’autres encore rendent grâces et louent Dieu. Ce frémissement intérieur est la marque même d’une authentique expérience de la grâce.
Le problème, c’est qu’avec le temps, l’émotion de la grâce tend à s’émousser dans l’Église ; elle cède la place à un culte formel et à des pratiques routinières de la foi, si bien qu’apparaît peu à peu l’attitude légaliste : “J’ai fait ceci et cela, donc je suis juste”. Comme le souligne David Jang, c’est là la maladie de l’Église, la caractéristique d’un christianisme qui perd sa substance et tombe dans la forme. Dès lors qu’on oublie que l’on doit sa naissance spirituelle à la grâce, la vie de foi devient un fardeau pesant. C’est précisément dans ce contexte qu’intervient la mise en garde de Dietrich Bonhoeffer contre la “grâce à bon marché”, par opposition à la “grâce coûteuse”. La grâce coûteuse, c’est l’amour qui nous a aimés jusqu’au sacrifice du Fils unique de Dieu, grâce à quoi nous avons été affranchis de notre péché et rendus libres. Chaque fois que nous nous le rappelons, nous sommes conduits à une plus grande reconnaissance, un plus grand dévouement, et un cœur de miséricorde envers notre prochain. En revanche, si nous oublions la grâce, la vie d’Église se réduit à un formalisme teinté de devoir, et nous sombrons dans le piège de l’orgueil spirituel et de l’esprit sectaire.
Lorsque Paul écrit, en Romains 4:11, “Il est ainsi le père de tous ceux qui croient en étant incirconcis, afin que la justice leur soit aussi imputée”, son intention est sans ambiguïté. Dieu n’est pas le Dieu d’un seul peuple, mais de toute l’humanité. Le fruit du salut est offert aussi bien à ceux qui sont circoncis qu’à ceux qui ne le sont pas. C’est ce que l’on pourrait appeler “la puissance de la grâce qui renverse les frontières”. La circoncision, dans l’Ancien Testament, était certes un signe distinctif de l’alliance de Dieu, mais si, à l’époque du Nouveau Testament, on parvient à la conclusion “la circoncision n’est plus nécessaire”, c’est moins pour l’abolir que pour souligner qu’“il existe une réalité encore plus fondamentale, à savoir la grâce de Dieu et la foi qui répond à cette grâce”, vérités que la circoncision annonçait en figure.
Ainsi, comme le dit le verset 12, Abraham est non seulement le père des circoncis, mais aussi de tous les païens incirconcis qui suivent la trace de sa foi. Son rôle est celui d’un exemple décisif qui illustre l’universalité de la “foi et de la grâce”. À 75 ans, il quitta sur-le-champ son pays, son peuple, la maison de son père pour obéir à la parole de Dieu, et partit vers un pays de promesse dont il ne savait rien. Sa vie ne fut rien d’autre qu’une obéissance à la grâce et un acte de foi. Ainsi, en abandonnant sa vie entre les mains de la grâce de Dieu et en avançant pas à pas, il est devenu “le père” de tous les croyants, leur “modèle”. C’est la place unique qu’il occupe dans l’histoire du christianisme.
L’application pour notre foi aujourd’hui est limpide. Nous participons au culte, nous donnons notre offrande, nous lisons la Bible, nous prions, nous servons à l’Église de multiples manières. Toutefois, la condition préliminaire à toutes ces actions doit être la “grâce déjà reçue”. La grâce précède, les œuvres suivent. Les œuvres ne constituent que la réponse de gratitude et de consécration à la grâce. Si cet ordre s’inverse, si le service, la participation au culte ou même la prière et l’évangélisation deviennent un moyen d’accumuler “sa propre justice”, alors la grâce du Christ crucifié passe au second plan, et il ne reste que l’orgueil et la vanité humaine.
En réalité, l’orgueil se manifeste lorsqu’on oublie la grâce. Si l’on demeure attaché à la grâce, notre cœur s’emplit spontanément d’humilité et de reconnaissance. Quand on prend conscience : “Sans le sang du Christ, je serais sans espoir”, on ne saurait plus accuser autrui, ni le mépriser, ni se laisser tromper par l’illusion de posséder sa propre justice. Le fait de nous savoir tous “des personnes qui avaient un besoin criant de pardon” suscite la compassion et l’amour réciproques, fondement de l’unité et de l’harmonie véritables dans l’Église. C’est là-dessus que David Jang insiste particulièrement. Comme l’Église est “la communauté des personnes qui ont reçu la grâce”, l’amour enraciné dans la grâce et le partage fraternel doivent constituer l’essence de la vie communautaire.
En définitive, la conclusion théologique que Paul propose en Romains 4:9-12 est : “Le salut ne vient pas de l’homme, mais de la grâce de Dieu”, et Abraham en est la preuve vivante. À travers cet enseignement, Paul rejette fermement le légalisme, l’exclusivisme, l’esprit de privilège et toute forme d’auto-justice au sein de l’Église. Quand la grâce de Dieu est exaltée, alors l’Église peut dévoiler au monde la puissance de l’Évangile. Sans la grâce, la vie d’Église tourne vite au formalisme rigide ou à des luttes de pouvoir ; mais quand l’Église est remplie de la grâce, elle pardonne et supporte les faiblesses de chacun, la repentance et le pardon abondent, et elle déploie un amour plein de vitalité qui a le pouvoir de changer la société.
La raison pour laquelle Paul met tant l’accent sur cette “doctrine de la grâce”, c’est que le Royaume de Dieu est précisément “la communauté de ceux qui ont saisi la grâce”. Jésus, qui se mêlait aux pécheurs lors de repas en commun, qui visitait les collecteurs d’impôts, les prostituées, les malades et ceux qui étaient possédés, nous donnait déjà un signe de ce “Dieu de grâce” venu chercher les hommes pécheurs. Nous pouvons faire la même expérience aujourd’hui si nous déposons notre fierté au pied de la croix et venons à Lui “uniquement par grâce”. À ce moment-là, nous demeurons en Sa grâce et recevons la force de vivre cette vie nouvelle. Sur tout ce chemin, Paul ne cesse de repousser les tentatives d’ériger des mérites humains, des bonnes œuvres ou des rites au rang de condition pour le salut. Cette vérité reste valide à jamais.
Lorsque nous lisons Romains 4:9-12 en nous concentrant sur le thème “uniquement par la grâce”, nous prenons conscience du fondement spirituel que l’Église doit restaurer. Si, dans l’Église, des mentalités s’installent pour juger les gens selon les critères du monde, si l’on établit des rangs et que l’on se divise, si même au nom de l’œuvre de Dieu on se vante et on fait parade de soi, c’est déjà un reniement de la grâce. Celui qui ne retient que la grâce se rappelle en permanence qu’il fut “le pire des pécheurs” et s’engage à entourer les autres d’amour, à s’humilier pour servir tant l’Église que le monde, et à confesser la gratitude et l’humilité devant Dieu. En méditant la “justification inconditionnelle” qu’Abraham reçut alors qu’il était incirconcis, nous sommes remplis de “liberté” et de “gratitude”. Jouir de cette joie pleine de liberté et d’action de grâce, c’est là la puissance authentique de l’Évangile.
Enfin, comme le dit David Jang, il faut veiller à ce que la “grâce précieuse” ne devienne pas une “grâce bon marché”. La grâce bon marché peut dégénérer vers l’idée : “Puisque je suis sauvé, je peux bien vivre comme je l’entends.” Au contraire, la grâce coûteuse nous transporte dans l’enthousiasme et l’émerveillement : “Ayant reçu un tel amour, comment pourrais-je rendre gloire au Seigneur ?” Le salut est gratuit pour nous, mais il a coûté très cher à Jésus. Le sang qu’Il versa sur la croix pour expier nos péchés a été un sacrifice infiniment précieux. Sachant que nous sommes déclarés justes sans payer ce prix, nous ne pouvons mépriser cette grâce ni tomber dans l’imprudence. Au contraire, nous remercions le Seigneur chaque jour ; c’est cette grâce qui nous transforme pour devenir des hommes nouveaux, animés du désir de faire la volonté de Dieu. Telle est la forme authentique d’une “grâce qui reste la grâce”, le noyau de l’Évangile que Paul enseigne dans Romains.
Ainsi, l’enseignement “uniquement par la grâce” que nous livre Romains 4:9-12 est la pierre angulaire qui fonde l’essence de l’Église et oriente la vie de foi. Aujourd’hui encore, nous devons fermement nous tenir sur cette grâce, écarter toute fierté légaliste et toute vanité humaine, nous réjouir du Dieu qui sauve les pécheurs, et faire l’expérience de Sa miséricorde qui ouvre la voie à tous, croyants ou non-croyants. C’est en effet cette grâce que Romains ne cesse de proclamer, et dont le cœur peut se résumer à “Le juste vivra par la foi” (Rm 1:17).
2. La foi seule.
Nous venons de voir à quel point le thème “uniquement par la grâce” est fondamental dans l’histoire du salut. Mais il est remarquable de constater que cette grâce, au-delà de son existence “objective”, doit encore être appliquée à chacun d’entre nous pour que nous soyons “déclarés justes”. Et l’élément indispensable à cette application, c’est précisément la “foi”. En termes humains, la seule réponse et la seule condition que nous puissions offrir, c’est la foi. Au temps de la Réforme, cette vérité fut résumée dans l’expression “Sola fide” (uniquement par la foi). David Jang, dans un grand nombre de prédications exégétiques, a également rappelé combien ce message est plus que jamais vital pour notre époque, et pas seulement un héritage historique d’hier.
Dans Romains 4:9-12, Paul pointe à nouveau la “foi” comme la clé centrale de la justification. “La foi d’Abraham lui fut comptée comme justice” (Rm 4:9), “Il reçut la marque de la circoncision comme sceau de la justice qu’il avait obtenue par la foi alors qu’il était incirconcis” (Rm 4:11) : par ces paroles, Paul explique comment Abraham obtint la justice et de quelle manière cette justice fut confirmée. L’essentiel est limpide : si Abraham fut sauvé, c’est à cause de sa foi. “La circoncision” ne vint qu’après, et ne constitua jamais la condition de son salut.
Dans la perspective biblique, la foi ne se limite pas à un vague “Oui, je pense que Dieu doit exister.” Au contraire, la foi biblique consiste à “accueillir dans son cœur” la “Parole” que Dieu nous adresse, et à s’y fier au point que notre vie s’en trouve transformée. Hébreux 11:1 définit ainsi la foi : “C’est l’assurance des choses qu’on espère, la preuve de celles qu’on ne voit pas.” Abraham fut confronté à une réalité contraire aux promesses (lui et sa femme Sara, très âgés, étaient biologiquement incapables d’avoir un enfant), mais il a néanmoins pris la promesse de Dieu comme vraie, et cela “lui fut imputé à justice” (Gn 15:6 ; Rm 4:17-22). Cette attitude de foi eut tôt ou tard un impact sur sa vie concrète : il obéit à l’ordre de se faire circoncire, quitta son pays, alla jusqu’à consentir à sacrifier son fils Isaac. Il s’agissait d’actes qui pouvaient sembler irrationnels, mais illustraient parfaitement la façon dont la foi agit “réellement”.
Pourquoi insiste-t-on sur “uniquement par la foi” ? Parce que l’homme n’a pas d’autre moyen pour accueillir la grâce de Dieu. Si l’on essaie de s’approcher de Dieu en s’appuyant sur ses œuvres, l’observance de la Loi ou l’accumulation de mérites, la culpabilité liée à notre nature pécheresse et nos limites nous feront immanquablement échouer. Devant le Dieu juste, jamais l’homme ne pourra se présenter sans défaut. Néanmoins, dans l’histoire, les hommes ont sans cesse tenté de “parvenir à se justifier par eux-mêmes” : ce fut le cas dans l’histoire d’Israël, tout comme à de nombreuses périodes de l’histoire de l’Église, où se sont succédé diverses formes de légalisme et de doctrines hérétiques.
David Jang revient souvent sur cette question, expliquant que la foi est “la porte par laquelle nous recevons le don de Dieu avec un cœur ouvert”. Sans la foi, même la grâce de Dieu ne saurait s’appliquer à notre vie. Quand Jésus opérait des miracles au cours de Son ministère, Il disait souvent : “Ta foi t’a sauvée” ou “Qu’il te soit fait selon ta foi.” Les guérisons et les bienfaits que Jésus apportait étaient proposés à tous, mais seules les personnes qui les acceptaient avec foi en étaient bénéficiaires. Cette foi pouvait se rencontrer chez un aveugle mendiant, chez une femme malade, ou chez un pécheur rejeté de tous. À l’inverse, ceux qui se targuaient de leur compétence dans la Loi, tels les pharisiens et les chefs religieux, restaient campés sur leur propre justice et refusaient la grâce de Jésus.
Revenons au contexte de Romains 4:9-12 : ceux qui considéraient la circoncision comme un “critère indispensable au salut” pensaient, en fait, que “leurs actes ou leur rite” constituaient le facteur décisif de leur salut. C’était une déformation de la foi. Évidemment, circoncision, baptême et autres sacrements de l’Église ont leur importance et leur valeur. Mais ces rites ne contiennent pas intrinsèquement la “puissance de sauver”. Quand Jésus réprimande les pharisiens : “Vous nettoyez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur vous êtes pleins de rapine” (Mt 23:25-26), Il les accuse de donner plus d’importance à la pureté rituelle qu’à la pureté du cœur, à la foi vécue dans la soumission et la piété. De la même façon, Paul, plutôt que de vanter la circoncision en elle-même, met l’accent sur la “foi” qui la sous-tend et établit la vérité selon laquelle “c’est uniquement par la foi que l’on est justifié”.
Galates 3 nous le confirme : après avoir rappelé qu’Abraham a été déclaré juste non par la circoncision mais par la foi, Paul ajoute : “De même, ceux qui se réclament de la foi sont bénis avec Abraham le croyant” (Ga 3:9). Il déclare même : “Tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la Loi sont sous la malédiction” (Ga 3:10). Il montre alors clairement que le salut ne vient pas de la Loi, mais du Christ, et que seule la foi qui “demeure en Christ” peut nous libérer véritablement (Ga 5:1). C’est l’idée que l’on retrouve dans Romains 1:17 : “Le juste vivra par la foi.” Le cœur de la théologie de Paul est bien “la justification par la foi”. Dans l’histoire de l’Église, Luther, Calvin et d’autres réformateurs ont exprimé cette même idée avec la formule “Sola fide” (uniquement par la foi). Ils critiquaient vivement l’Église médiévale qui, à travers la vente des indulgences, l’accumulation de mérites, le culte des saints, prétendait assurer le salut par des actes humains, et souhaitaient rétablir l’enseignement biblique de la “justification par la foi”.
Cependant, le slogan “uniquement par la foi” ne signifie pas que nous pouvons ignorer les œuvres ou qu’elles seraient inutiles. Dans l’Épître de Jacques 2:17, il est écrit : “La foi, si elle n’a pas les œuvres, est morte en elle-même.” Une foi véritable produit nécessairement des fruits dans notre vie. Abraham fut justifié par la foi, certes, mais sa foi se manifesta concrètement dans son existence quotidienne : il obéit à l’ordre de pratiquer la circoncision, alla même jusqu’à accepter de sacrifier son fils Isaac. Ainsi, celui qui est “sauvé par la foi” se sent poussé, en retour, à observer avec reconnaissance la Parole de Dieu. Paul exprime ce lien en disant que l’on est “amené à l’obéissance par la foi” (Rm 1:5). Si la foi est la condition du salut, la marche quotidienne du croyant doit cependant abonder en fidélité envers Dieu.
Dans ses prédications associant Romains, Galates et même l’Épître de Jacques, David Jang explique souvent que “nous sommes sauvés uniquement par la foi” et que “nous accomplissons de bonnes œuvres comme le fruit de la foi” ne sont pas des idées contradictoires. Si le critère d’obtention du salut n’est pas l’œuvre, mais la foi, il s’ensuit que la personne sauvée par la foi “en Christ” mène une vie bonne, obéit joyeusement aux commandements du Seigneur, et porte du fruit dans le service du prochain. Les œuvres ne sont pas “l’outil pour obtenir le salut”, mais “le fruit naturel de ceux qui sont sauvés”. Si l’on inverse cet ordre, on sombre soit dans le légalisme, soit dans un “laissez-faire” extrême prétendant que “les œuvres ne comptent plus du tout.” Lorsque Paul avertit, en Galates 5:13 : “Ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon la chair”, il rappelle au croyant libéré par la foi de ne pas confondre liberté et licence.
Dans Romains 4:11-12, quand Paul dit qu’Abraham est devenu “le père de tous ceux qui croient sans être circoncis” et “le père de la circoncision”, il veut souligner que, grâce au “modèle” d’Abraham qui a reçu le salut par la foi, la route est désormais ouverte à tous, Juifs ou païens, dès lors qu’ils s’approchent de Dieu dans la foi. La bénédiction et la promesse accordées à Abraham s’étendent maintenant à tous ceux qui croient. Voilà qui nous apprend que l’Église ne devrait pas se diviser sur des bases de nationalités ou de cultures, mais demeurer unie dans son identité de “communauté de foi”. Quand bien même nous venons d’horizons et de milieux différents, le moment où nous recevons Jésus-Christ avec foi, nous devenons héritiers de la bénédiction d’Abraham et formons une famille en Christ.
Pour illustrer l’application concrète de cette foi dans la vie du croyant, on peut se souvenir du récit : “Zachée, hâte-toi de descendre ; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison” (Lc 19:5). À l’époque, Zachée, chef des collecteurs d’impôts, était conspué comme un pécheur qui amassait l’argent au détriment de son peuple. Pourtant, Jésus alla vers lui, et Zachée ouvrit son cœur à cet appel. Il s’exclama : “Seigneur, si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple”, et sa vie en fut transformée. Jésus déclara alors : “Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham” (Lc 19:9). C’est la foi qui a procuré le salut, et cette foi a opéré un véritable changement dans la vie et les actes de Zachée. Celui-ci n’avait ni accompli un rite de purification selon la Loi, ni accompli des mérites spéciaux. C’est la foi en Christ qui l’introduisit au salut.
“Uniquement par la foi” pourrait sembler un slogan simpliste qui faciliterait exagérément la vie chrétienne. Mais en réalité, la croix recèle une solennité profonde. Dieu a sacrifié Son propre Fils pour nous, pécheurs. C’est là un sacrifice suprême. Aussi, la foi ne se borne pas à une approbation intellectuelle, mais implique une attitude dans laquelle “désormais, le Seigneur est mon Maître, et moi je Lui appartiens”. Romains 10:9 déclare : “Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé.” Confesser que “Jésus est Seigneur” revient à proclamer qu’Il est désormais le Roi de ma vie. C’est là la foi véritable, une foi qui s’exprime en actes et transforme nécessairement toute notre existence.
Selon David Jang, la foi n’est pas seulement un moyen d’atteindre “l’arrivée” du salut, mais la force qui nous conduit durant toute notre vie de croyant. Nous faisons chaque jour des choix, nous prenons des décisions, nous faisons face à des conflits, et à chaque fois nous nous demandons : “Est-ce que je fais confiance à Dieu ? Suis-je disposé à suivre la parole du Christ ?” La foi n’est pas un événement ponctuel mais une relation “vivante” qui se renouvelle de jour en jour. De même qu’Abraham ne s’est pas contenté d’une foi ponctuelle lors de l’appel du chapitre 12 de la Genèse, mais qu’il a dû persévérer dans la foi à 99 ans lorsqu’il reçut l’ordre de la circoncision, et lorsqu’il lui fut demandé de sacrifier Isaac, nous aussi devons avancer chaque jour par la foi. À travers ce parcours, la foi d’Abraham a mûri, et c’est pourquoi il est appelé “père des croyants”.
Dans la dernière partie de Romains 4:12 : “et ceux qui suivent les traces de la foi que notre père Abraham eut lorsqu’il était incirconcis”, il ne s’agit pas seulement de souligner que “les païens aussi y ont part”. Le sens plus profond est que “la vie de foi qu’a manifestée Abraham” est un modèle pour tous les croyants. Comme lui, nous devons tenir ferme la promesse de Dieu, même si nous n’apercevons aucune garantie évidente ; parfois, nous sommes appelés à obéir à un commandement qui nous semble irrationnel. La foi n’est pas une abstraction, mais un acte “concret” de soumission et d’engagement à la Parole. Quand nous faisons cette expérience de foi, nous pouvons goûter la joie authentique de marcher avec Dieu.
En somme, dans Romains 4, Paul montre que l’enseignement “uniquement par la foi” est bel et bien le cœur de l’Évangile. Cet Évangile est ouvert à tous les pécheurs ; il a reçu un fondement définitif dans la croix et la résurrection de Jésus-Christ. Quiconque place sa foi en Lui peut être justifié, sans exception. Et celui qui demeure dans la foi ne sombrera pas dans l’imprudence en se réclamant de sa “justice acquise”, mais touché par l’amour et la grâce du Christ, il avancera sur la voie de l’obéissance et de la sainteté. C’est ainsi que l’on peut saisir la relation entre “justification” et “sanctification” que proclame l’Évangile. La justification est le changement de statut (le pécheur devient juste) qui s’opère au moment précis où l’on croit en Jésus ; la sanctification vient ensuite comme un processus progressif, dans lequel le croyant, par la foi, s’efforce de ressembler de plus en plus à Jésus-Christ. Les deux ne sont pas séparés ni opposés, mais harmonieusement associés dans la véritable foi.
Dans de nombreux réveils et mouvements spirituels de l’histoire, le renouveau s’est produit quand la prédication “La justification s’obtient par la foi” s’est faite entendre avec puissance. Par exemple, John Wesley confessa : “Mon cœur fut étrangement réchauffé” en entendant un commentaire sur l’Épître aux Romains ; c’est ce qui déclencha le mouvement méthodiste, conduisant à un grand réveil en Angleterre puis dans le monde entier. De même, chez Martin Luther, c’est lorsqu’il comprit le passage de Romains 1:17 (“Le juste vivra par la foi”) qu’il alluma le feu de la Réforme. Si l’Épître aux Romains est souvent considérée comme “le cœur de l’Écriture”, c’est précisément parce que la foi y est énoncée de la manière la plus claire et la plus puissante.
Aujourd’hui, il existe toutes sortes de communautés et de courants théologiques dans l’Église. Cependant, “uniquement par la foi” demeure la base incontournable de l’Évangile, à travers les siècles et au-delà des confessions. Comme le souligne David Jang, chaque fois que cette vérité est compromise, l’Église ne peut que recourir à l’effort humain, aux structures, aux rites ou aux mérites, et finit par perdre la lumière de l’Évangile. Et si l’on déforme la valeur de la foi, on peut aboutir à l’extrême inverse : “Puisque la foi me suffit, je peux bien vivre à ma guise.” Cependant, l’Écriture nous commande : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée” (Dt 6:5 ; Mt 22:37). La foi véritable se manifeste par une consécration totale et un amour authentique.
Ainsi, Romains 4:9-12 délivre à l’Église et aux croyants un message sans ambiguïté : nous ne sommes sauvés que par la grâce, et c’est uniquement par la foi que cette grâce devient une réalité dans notre vie. Il ne dépend ni d’œuvres ni de mérites humains, mais d’un abandon confiant à la promesse de Dieu : “Je te pardonnerai, bien que tu sois pécheur.” C’est elle qui nous entraîne vers le salut. Que l’on soit circoncis ou incirconcis, que l’on obéisse ou non à la Loi, Paul en a déjà fait abstraction. Il n’y a plus de distinction entre Juifs et païens en Christ, et il n’existe aucune voie pour la justification fondée sur nos propres œuvres. Il ne reste que la grâce et la foi.
Dans notre vie quotidienne aussi, au milieu de toutes nos difficultés, nos incertitudes, nos conflits, qu’ils soient d’ordre financier, relationnel, physique ou liés à un manque de vision, nous nous retrouvons face à la question : “Est-ce que je crois vraiment en Dieu ?” La foi ne regarde pas à la gravité de la situation, mais à la personne de Dieu. La foi proclame : “Dieu est bon, et Il me soutient dans toutes les circonstances.” Lorsqu’Abraham eut un fils, Isaac, à l’âge de cent ans, et qu’il obéit même au commandement de l’offrir en sacrifice, c’est parce qu’il était persuadé que “Celui qui a fait la promesse est fidèle” (He 11:11). Cette confiance sert de boussole dans tous les domaines de notre vie.
Finalement, Romains 4:9-12 s’adresse à nous aujourd’hui avec cette affirmation : “Le salut est un don gratuit de la grâce, et c’est uniquement par la foi qu’il devient nôtre.” Cette vérité, enseignée de manière répétée par David Jang, n’est ni un vieux dogme passé de mode, ni une doctrine abstraite ; c’est la parole la plus concrète et la plus cruciale, celle qui peut bouleverser notre destin. Si l’Église se laisse envahir par le légalisme et la mondanité, c’est précisément parce qu’elle a abandonné cette vérité de l’Évangile ; c’est le signe d’une communauté qui a perdu la grâce et la foi. Mais si nous revenons à la grâce et à la foi, nous verrons se produire un authentique renouveau dans l’Église et une libération de chaque croyant hors du péché et du désespoir, pour vivre dans la puissance d’une vie nouvelle.
En résumé, Paul, en expliquant comment Abraham fut justifié et quelle fonction jouait la circoncision, proclame que l’essence du salut réside dans la “grâce et la foi”. Pour un chrétien, il s’agit de confier sa vie entière à cette affirmation. De même que la circoncision n’était pas la condition du salut pour Abraham, aujourd’hui, ni le service dans l’Église, ni l’offrande, ni même la lecture fervente de la Bible ne constituent un outil pour “acquérir” le salut. Seule la “grâce de Dieu” en est la base, et la “foi” est la main qui s’en saisit. Quand cette foi est solidement enracinée, les bonnes œuvres apparaissent spontanément comme de beaux fruits, et c’est ainsi que nous témoignons du Christ dans notre vie.
C’est là le cœur du message chrétien, le point clé de Romains 4, et une vérité qui doit être réaffirmée au long de toute l’histoire de l’Église. À travers l’étude de Romains 4:9-12, nous redécouvrons que “uniquement par la grâce” et “uniquement par la foi” sont deux réalités inséparables. Négliger l’une met en péril l’autre : sans la “grâce seule”, nous laissons place au mérite et à l’orgueil, et sans la “foi seule”, même la grâce la plus abondante ne s’applique pas concrètement à notre vie. Il nous faut donc tenir fermement ces deux vérités ensemble. Lorsque l’Église se fonde sur cette double réalité, nous participons à la foi d’Abraham, partageons la bénédiction et la gloire qu’il a reçues, et menons notre existence comme de véritables enfants de Dieu. Dans cette vie de fils, nous sommes chaque jour remplis de reconnaissance et de joie, nous portons les fruits de la justice, et nous accomplissons la mission de rayonner la lumière du Christ dans le monde. À la question de Paul : “Cette bénédiction n’est-elle que pour les circoncis, ou est-elle aussi pour les incirconcis ?” (Rm 4:9), la réponse est au bout du compte : “Elle est ouverte à tous, et la voie n’est accessible que par la foi.” Quand l’Évangile se déploie ainsi, l’Église cesse d’être une religion close sur elle-même, mais devient un canal de salut pour toute l’humanité, et remplit sa mission de transformation du monde. Tel est le message percutant que nous adresse l’Épître aux Romains, et la raison pour laquelle David Jang et tant de prédicateurs continuent de proclamer : “Uniquement par la grâce, uniquement par la foi.”
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